Du 17 au 20 juin 2026, Paris Expo Porte de Versailles a vibré au rythme de la 10ᵉ édition de VivaTech. Pour SNCF Réseau, ce grand rendez-vous technologique européen a été l’occasion d’affirmer sa feuille de route numérique.
En effet, pour cette 10ᵉ édition du salon, c’est sous la bannière commune du groupe SNCF, « Data in Action », que l’entreprise a exposé sa vision. Ainsi, SNCF Réseau a démontré de quelle manière l’intelligence artificielle, les jumeaux numériques et les capteurs connectés s’industrialisent. Ces technologies servent désormais la performance, la sécurité et la résilience du réseau.
La donnée industrielle comme levier de performance
Derrière la régularité des circulations se cache une exploitation massive de données de terrain. Lors de la journée thématique du jeudi 18 juin dédiée à la modernisation du réseau, Thien Than Trong, directeur général adjoint Numérique de SNCF Réseau, a rappelé la mission d’ouverture portée par ces technologies : « Ces projets permettent de montrer comment SNCF Réseau est au service de toutes les entreprises ferroviaires utilisatrices… » À cet égard, l’objectif affiché est clair. Il s’agit de structurer et valoriser la donnée pour optimiser la prise de décision opérationnelle. Toutefois, il n’est pas question de substituer l’algorithme à l’expertise humaine des agents de terrain.
Par ailleurs, l’un des temps forts de cette édition a été la conférence d’ouverture. Celle-ci était animée par Thien Than Trong et Emmanuel Cox, directeur de la transformation digitale de SNCF Réseau. À cette occasion, ils ont partagé la vision d’un réseau connecté au service de tous. Ce réseau s’adresse à toutes les entreprises ferroviaires, qu’il s’agisse du transport de voyageurs ou de marchandises (fret).
L’innovation numérique au service du ferroviaire
Le « Lab SNCF » a regroupé 33 start-ups partenaires, notamment via des programmes avec Station F. Véritable vitrine technologique et d’innovation, ce pôle a permis aux visiteurs de découvrir plusieurs briques technologiques. Celles-ci sont déjà prêtes au déploiement ou en cours d’expérimentation avancée. L’objectif : montrer concrètement comment l’exploitation massive des données et de l’IA transforme les coulisses du ferroviaire. De plus, elle améliore le quotidien des agents de terrain et l’expérience voyageurs.
Citons notamment :
- 365 Travaux : Cette plateforme numérique applicative vise à simplifier, planifier et sécuriser l’organisation des chantiers. En assurant la numérisation complète des procédures et des consignes d’exploitation, l’outil garantit une meilleure circulation de l’information entre les différents acteurs (ingénierie, agents de maintenance, entreprises extérieures). Par conséquent, il génère des gains d’efficacité et une réduction des coûts de gestion.
- UBIRAIL : Un dispositif d’immersion technique combinant la réalité virtuelle (RV) et des modules d’intelligence artificielle. Dédié à la formation, il recrée des environnements ferroviaires hautement réalistes. De cette façon, il entraîne les agents de circulation et de maintenance aux gestes métiers ainsi qu’aux procédures de sécurité complexes, tout en rehaussant l’attractivité des filières techniques.
- Maintenance préventive face aux aléas climatiques : Grâce au déploiement de capteurs IoT (Internet des objets) couplés à des algorithmes prédictifs, le gestionnaire d’infrastructure automatise la surveillance thermique des rails et des caténaires. Grâce à ce dispositif, il devient possible d’anticiper les déformations ou les ruptures liées aux phénomènes climatiques extrêmes avant qu’ils n’impactent les circulations.
Des signatures stratégiques et partenariats académiques
Pour SNCF Réseau, VivaTech 2026 a également servi de cadre à l’officialisation de partenariats industriels et de recherche. En effet, ces accords s’avèrent essentiels pour l’avenir de l’infrastructure.
Surveillance décarbonée avec HyLight
Via sa filiale d’expertise Altametris, la SNCF a validé un accord-cadre avec la start-up française HyLight. Ce partenariat vise à généraliser l’utilisation de dirigeables bas carbone à hydrogène (The HyLighter) pour l’inspection visuelle et topographique des lignes. De fait, ce système offre une collecte de données de précision sur de longues distances. De surcroît, il fonctionne sans perturber le trafic ferroviaire et s’affranchit de l’usage des hélicoptères thermiques.
Consolidation scientifique avec CentraleSupélec
SNCF Réseau s’appuie sur son accord-cadre avec CentraleSupélec entériné lors du salon. Ce lien se matérialise notamment par la chaire « Risques et Résilience des Systèmes Complexes » (RRSC), pilotée par le laboratoire Génie industriel. Actuellement, les travaux conjoints portent sur la modélisation mathématique des interdépendances de réseaux. Ils ciblent également l’optimisation des stratégies de régénération des actifs. Enfin, ces recherches alimentent le contenu du Master spécialisé « Infrastructures ferroviaires résilientes, durables et digitalisées ». Ce cursus est coanimé par des experts de la direction de la Recherche SNCF pour attirer et former les futurs cadres de l’ingénierie ferroviaire.
