Aujourd’hui, les femmes ne représentent que 20 % des effectifs du secteur des transports. Dans un secteur qui prévoit de pourvoir 100 000 postes à l’horizon 2030, le grand pari est de le féminiser.
Susciter des vocations
À travers des témoignages incarnés, la visite du site SNCF Réseau et la présentation des nombreux métiers à pourvoir, l’Union des Transports Publics et Ferroviaires (UTPF) vise à rendre ce secteur plus attractif.
Cet événement s’inscrit dans le programme Transformeurs, dont l’objectif est d’attirer, accompagner et préparer les futurs professionnels du secteur.
« Pour féminiser nos métiers techniques, notre stratégie repose sur trois leviers complémentaires : l’orientation scolaire pour déconstruire les stéréotypes dès le plus jeune âge, l’incarnation concrète du métier via des ambassadrices pour lever les freins, et une communication digitale ciblée via notre plateforme de référence futurentrain.fr. », explique Géraldine Adam, Directrice attractivité, emploi et formation à l’UTPF
Un secteur en recrutement massif
Juste pour l’année 2026, SNCF Réseau compte recruter 2 800 salariés, un nombre qui ne cessera de croître au fil des années, pour s’aligner à l’objectif des 100 000 postes d’ici 2030 dans le secteur des transports publics et ferroviaires.
Tout l’enjeu pour l’entreprise est de parvenir à féminiser la filière avec un objectif de +14,5 % chaque année.
« Les résultats valident notre stratégie : nous avons dépassé cet objectif l’an dernier pour atteindre 15,04 %. Si le chemin reste long et les défis nombreux, des événements comme celui-ci sont essentiels. Ils permettent de concrétiser nos engagements en mettant en avant des parcours inspirants qui illustrent parfaitement les opportunités d’évolution en interne. », déclare Karima Nidlahadj, RH chez SNCF Réseau
Lever les freins
Un temps d’échange entre les demandeuses d’emploi chez France Travail et les intervenantes a permis de lever certains tabous sur la profession.
Émilie Desmares, salariée depuis 20 ans chez SNCF Réseau, a partagé son parcours inspirant en tant que femme dans un milieu historiquement masculin. En débutant à ses 18 ans au poste d’aiguilleuse, elle est parvenue grâce à des évaluations et des passerelles en interne à obtenir la position de cadre.
« J’étais destinée à faire de longues études, mais en découvrant ce métier à la sortie du bac, ça a été une révélation immédiate. J’ai trouvé dans ce secteur une dynamique forte, portée par des défis constants qui permettent une remise en question permanente. Quant à l’aspect historiquement masculin du milieu, il n’a jamais représenté un obstacle : je m’y suis toujours sentie pleinement intégrée et légitime. »
Pour cette candidate en reconversion, cette journée a été déterminante : « Cette immersion m’a permis de découvrir ce secteur que je ne connaissais pas et son potentiel d’évolution. Cela confirme mon envie de m’y projeter concrètement. » Anciennement salariée dans la grande distribution, Leïla Najjar souhaite se reconvertir dans un secteur dynamique et innovant.
Les enjeux du secteur
Au-delà des parcours inspirants, cette journée met en lumière les réalités opérationnelles auxquelles le secteur fait face. Le recrutement aujourd’hui impose de répondre à de nouvelles attentes.
La question de la mobilité, et notamment la nécessité du permis B, demeure un frein concret, mais le défi est surtout culturel. En effet, le modèle traditionnel de la carrière linéaire sur quarante ans est désormais dépassé. Il faut désormais attirer les talents en retravaillant sa notoriété, en cassant les codes et surtout en lançant des campagnes média ciblées telles que « Écoutez enfin votre petite voix », lancée hier par Transformeurs.
Cette dynamique de recrutement s’accompagne d’une nécessité d’adaptation des compétences. Le ferroviaire traverse actuellement une double évolution. Comme l’explique Géraldine Adam : « Le secteur est impacté par une double transition, la transition écologique et numérique. » Cette réalité se traduit par une demande croissante pour des profils d’ingénierie et de data science.
