Infrastructures ferroviaires Innovation

CentraleSupélec et le Groupe SNCF signent un accord-cadre

Par Michel Delage |

Officialisé lors de VivaTech 2026, le nouvel accord-cadre entre CentraleSupélec et le Groupe SNCF scelle un partenariat de recherche de près de vingt ans. Axée sur trois piliers majeurs — l’optimisation industrielle, la résilience climatique et l'intégration de l'IA —, cette collaboration stratégique vise à accélérer les innovations technologiques pour bâtir un système ferroviaire plus performant, sûr et durable.

CentraleSupélec et le Groupe SNCF signent un accord-cadre

À l’occasion de l‘édition 2026 de VivaTech, CentraleSupélec et le Groupe SNCF ont officialisé la signature d’un accord de partenariat de recherche. Ce nouvel accord vise à mutualiser leurs expertises scientifiques. De cette manière, les deux partenaires entendent accélérer les innovations technologiques. Ils veulent aussi renforcer la transition énergétique et la résilience des infrastructures ferroviaires.

Un partenariat de recherche axé sur trois piliers stratégiques

Ce partenariat fixe les modalités d’une collaboration approfondie. En effet, celle-ci touche directement au cycle de vie et à la résilience des gares, des matériels roulants et des infrastructures. Pour ce faire, les deux entités ont défini trois grands axes de travail afin de structurer leurs futures recherches :

« Ce partenariat vise à renforcer nos collaborations avec CentraleSupélec, notamment dans le cadre des prochains projets européens du programme Europe’s Rail. En mutualisant davantage nos savoirs via de nouvelles initiatives de recherche, nous souhaitons accroître nos compétences scientifiques sur les technologies qui seront clés pour les mobilités et le système ferroviaire du futur. » – Carole Desnost, directrice Technologies, Innovation et Projets Groupe

L’optimisation des cycles industriels

L’accord prévoit d’accélérer les phases essentielles de conception, de vérification, de validation et de maintenance. Cependant, les équipes mèneront cet effort sans aucune concession sur la qualité et la sécurité. Par ailleurs, les partenaires accorderont une attention particulière à l’exploitation opérationnelle du réseau.

La résilience face au changement climatique

Le second axe se concentre sur la capacité des gares, du matériel roulant et des infrastructures à faire face aux risques naturels. De nos jours, les dérèglements climatiques imposent une vigilance accrue. C’est pourquoi les chercheurs accordent une priorité absolue à la résilience des plateformes et des remblais. Les experts identifient en effet ces éléments comme des points sensibles de l’infrastructure ferroviaire, nécessitant un suivi rigoureux.

L’intégration de l’intelligence artificielle

Le dernier volet porte sur l’étude des apports de l’intelligence artificielle (IA) tout au long du cycle de vie des actifs (assets). Concrètement, cette démarche se traduira par la conception de jumeaux numériques interconnectés qui modéliseront l’infrastructure.

En outre, ces travaux trouveront un écho à l’échelle internationale. L’accord ouvre ainsi la voie à des réponses communes lors des futurs projets européens. Le partenariat Europe’s Rail, que finance le programme Horizon Europe, en est un parfait exemple.

« La signature de cet accord avec le groupe SNCF marque une nouvelle étape dans une collaboration de longue date. Celle-ci repose sur la confiance, l’excellence scientifique et une ambition commune au service des grandes transitions. En associant les expertises académiques de CentraleSupélec à l’expérience industrielle de la SNCF, nous créons les conditions pour développer rapidement des solutions innovantes. Ainsi, nous pourrons répondre aux défis majeurs de la mobilité durable. Cette dynamique illustre pleinement notre volonté de renforcer l’impact de la recherche. Finalement, elle contribuera à bâtir un système ferroviaire plus performant, plus sûr et plus durable. » — Xuan-Mi Meyer, directrice générale adjointe de CentraleSupélec.

Une collaboration historique déjà ancrée dans le paysage ferroviaire

Bien que cet accord marque une nouvelle étape, la relation entre l’école d’ingénieurs et l’opérateur ferroviaire s’est bâtie sur près de vingt ans. D’ailleurs, cette alliance solide produit déjà plusieurs initiatives et projets industriels d’envergure :

  • Le projet MINERVE : Labellisé France 2030 et doté de 35 millions d’euros, ce projet réunit la SNCF, la RATP, Colas Rail, Kayrros, l’IREX et CentraleSupélec. Prévu pour s’achever en décembre 2026, il mobilise une vingtaine de chercheurs pour concevoir des outils numériques de modélisation de l’infrastructure afin de viser la neutralité carbone et l’adaptation au changement climatique.
  • Le projet SUPERRAIL : Doté de 8,6 millions d’euros (également labellisé France 2030), il associe SNCF Réseau, Nexans, Absolut System, l’Université de Lorraine et CentraleSupélec. Il a permis de déployer la première application commerciale de câbles supraconducteurs à haute température critique (HTS) en courant continu pour optimiser l’alimentation électrique de la gare de Paris-Montparnasse.
  • La chaire RRSC (Risques et résilience des systèmes complexes) : Renouvelée en 2025 pour une durée de 5 ans, elle fait progresser la recherche en modélisation et optimisation de la résilience des systèmes impliquant plusieurs grands opérateurs (SNCF, Orange, EDF, RTE et NaTran).
  • Le Mastère Spécialisé IFRDD : Ouverte en 2025, cette formation en un an dédiée aux « Infrastructures Ferroviaires Résilientes, Durables et Digitalisées » prépare les ingénieurs aux nouvelles réalités métiers en intégrant la densification du trafic, l’IA et le changement climatique.