fret ferroviaire Nomination

Raphaël Doutrebente reconduit pour un 3e mandat à la tête de l’Alliance 4F

Par Michel Delage |

Les membres de l’Alliance 4F ont renouvelé à l’unanimité leur confiance à Raphaël Doutrebente, PDG d’Europorte, pour un troisième mandat consécutif. Un signal d'unité fort pour une filière bien décidée à s'imposer comme un pilier des choix économiques, écologiques et souverains de la France.

Raphaël Doutrebente reconduit pour un 3e mandat à la tête de l’Alliance 4F

Depuis sa création, Alliance 4F (Fret Ferroviaire Français du Futur) s’est imposée comme la voix incontournable du fret ferroviaire dans le débat public. La reconduction de Raphaël Doutrebente à sa présidence vient valider une stratégie de longue haleine axée sur des résultats concrets.

La victoire la plus symbolique de ces dernières années reste sans doute la contribution de l’Alliance à l’adoption de l’article 18 de la loi-cadre sur le développement des transports. Ce texte grave enfin dans le marbre le rôle clé du fret ferroviaire dans la décarbonation des chaînes logistiques, fruit d’une collaboration étroite avec l’ensemble des acteurs économiques.

 « Nous contribuons à faire changer le regard sur le fret ferroviaire. Il ne s’agit pas seulement d’une politique de transport, il s’agit d’une politique industrielle, d’une politique d’aménagement du territoire et, au fond, d’une politique de souveraineté.

Les chargeurs nous disent la même chose depuis des années : ils veulent pouvoir compter sur le fret ferroviaire. Des acheminements fiables et réguliers, des sillons disponibles et de qualité. Une compétitivité tarifaire qui soutient la concurrence avec la route. Des corridors reliant leurs sites industriels ou leurs hubs logistiques jusqu’aux ports. Ce sont des demandes légitimes, concrètes, auxquelles nous sommes en mesure de répondre grâce à l’engagement de toute la filière mais aussi des équipes de SNCF Réseau et à l’un des réseaux ferroviaires les plus denses d’Europe. Mais cette capacité ne se déploiera pleinement qu’avec un engagement stable et durable de l’État et des régions.

Une politique économique ne peut exister sans politique logistique. Et une politique logistique moderne ne peut pas se construire sans un fret ferroviaire fort. La France dispose des infrastructures, des savoir-faire et des entreprises nécessaires. Il nous appartient de transformer cet atout en véritable stratégie nationale sur le long terme. » Raphaël Doutrebente, président de l’Alliance 4F

Un atout stratégique pour la France

Le fret ferroviaire n’est pas qu’une question de transport, c’est un enjeu d’aménagement du territoire et de souveraineté à plusieurs niveaux :

  • Poids économique et social : La filière génère aujourd’hui 22 000 emplois qualifiés et non délocalisables, tout en soutenant un écosystème ferroviaire de 250 000 emplois fortement ancrés dans les territoires français.
  • Souveraineté nationale et européenne : En sécurisant les chaînes d’approvisionnement (civiles comme militaires), le fret s’inscrit au cœur des priorités stratégiques de l’UE. L’Europe y consacre d’ailleurs 17,6 milliards d’euros pour les infrastructures de transport à usage mixte sur la période 2028-2034.
  • Bouclier écologique : Avec un réseau électrifié à plus de 60 %, le rail est un mode de transport massivement décarboné. Alors que la France doit réduire son budget carbone de 5 % par an, le fret ferroviaire s’impose comme l’un des leviers les plus rapidement mobilisables.

Un seul train de fret remplace 40 camions sur les infrastructures. Cela se traduit par une baisse drastique des embouteillages, moins de transport de matières dangereuses sur le bitume, et un gain immédiat en matière de qualité de vie.

De la loi à l’action : les prochains défis de l’Alliance 4F

Si l’article 18 de la loi-cadre marque une avancée majeure, l’Alliance 4F rappelle que les textes doivent maintenant se traduire par des actes. Pour ce nouveau mandat, l’organisation fixe deux chantiers prioritaires dans son dialogue avec les pouvoirs publics :

  1. Une loi de programmation des investissements : Les infrastructures ferroviaires nécessitent une vision de long terme. La filière réclame une programmation pluriannuelle pour garantir la pérennité et la modernisation du réseau.
  2. L’accélération de la complémentarité rail-route : L’objectif n’est pas d’opposer les modes de transport, mais d’optimiser la chaîne logistique. L’Alliance défend un modèle clair : le train pour les moyennes et longues distances, et le camion pour le premier et le dernier kilomètre.

Une complémentarité indispensable pour répondre aux attentes des chargeurs et des industriels français, de plus en plus soucieux de verdir et de diversifier l’acheminement de leurs marchandises.