Economie Infrastructures ferroviaires

Vossloh : Un carnet de commandes historique à plus d’un milliard d’euros

Par Michel Delage |

Le groupe Vossloh démarre l’exercice 2026 sur les chapeaux de roues. Porté par une demande mondiale structurelle et l'intégration stratégique de Sateba (VTT Europe), le groupe affiche un carnet de commandes record à 1 137,1 millions d'euros.

Vossloh : Un carnet de commandes historique à plus d’un milliard d’euros

Le marché mondial de la voie ferrée confirme sa très haute conjoncture. C’est pourquoi, au premier trimestre 2026, Vossloh AG a vu ses commandes reçues bondir à 420,2 millions d’euros. À titre de comparaison, elles s’élevaient à 339,2 millions d’euros au T1 2025. Par conséquent, le ratio commandes-facturation (book-to-bill) atteint l’excellent niveau de 1,34.

Grâce à cette dynamique, le carnet de commandes global grimpe à un sommet historique de 1 137,1 millions d’euros. Cela représente ainsi une hausse de 22,7 % sur un an. De plus, un fait notable est à souligner. En effet, Vossloh aurait établi un nouveau record même sans l’apport de l’acquisition de Sateba. Ce résultat prouve donc la robustesse organique des marchés du groupe.

« Compte tenu des conditions météorologiques dans une grande partie de l’Europe, nous avons réalisé un début solide pour l’exercice financier 2026. L’évolution positive des commandes dans toutes les divisions nous donne la confiance, malgré les incertitudes géopolitiques actuelles, que nous serons en modal de réaliser une fois de plus une croissance significative de notre chiffre d’affaires et de notre résultat opérationnel pour l’ensemble de l’année 2026 » Oliver Schuster, PDG de Vossloh AG.

Un boost du chiffre d’affaires de 25 %

Au premier trimestre 2026, le chiffre d’affaires s’établit à 314,6 millions d’euros. Il affiche donc une croissance de 25,3 %. Cependant, l’activité historique est restée stable. Ce ralentissement temporaire découle d’un hiver européen particulièrement rigoureux. Néanmoins, l’intégration des traverses en béton de Sateba a parfaitement joué son rôle de moteur de croissance.

Du côté de la rentabilité, l’EBITDA (Earnings Before Interest, Taxes, Depreciation and Amortization) progresse à 24,3 millions d’euros (vs 21,7 millions au T1 2025). En revanche, le résultat opérationnel (EBIT) s’affiche à 0,2 million d’euros, temporairement impacté par les écritures comptables classiques d’allocation du prix d’acquisition (PPA) liées à l’opération Sateba.

La structure financière demeure solide avec un ratio de fonds propres à 39,7 % et une dette nette maîtrisée à 531,3 millions d’euros, en baisse de 21,2 millions d’euros par rapport à fin 2025 grâce à un refinancement hybride réussi.

Analyse par pôle d’activité : les modules et composants ont la cote

  • Core Components (Fixations et Traverses) : Le chiffre d’affaires s’envole de 64 % à 161,7 millions d’euros. Au-delà de l’effet Sateba, la division a bénéficié d’une forte traction commerciale au Canada et en Australie.
  • Customized Modules (Appareils de voie) : Porté par de grands projets d’infrastructure en Tanzanie, en Pologne et en Italie, le carnet de commandes de la division atteint un record absolu à 556,7 millions d’euros.
  • Lifecycle Solutions (Maintenance et Meulage) : Les commandes reçues grimpent de 10,6 % (69,4 millions d’euros) portées par la Chine et l’Allemagne, malgré un chiffre d’affaires trimestriel légèrement freiné par la météo sur les chantiers de meulage à grande vitesse.

2026 : cap sur une croissance majeure

Confiant dans la visibilité que lui offre son carnet de commandes, la direction de Vossloh confirme ses objectifs annuels pour 2026 :

  • Chiffre d’affaires attendu : Entre 1,56 et 1,66 milliard d’euros (contre 1,34 milliard en 2025).
  • EBITDA ciblé : Entre 215 et 230 millions d’euros, avec une marge en amélioration constante (visée entre 13,5 % et 14,5 %).
  • EBIT anticipé : Entre 118,5 et 131,0 millions d’euros.

Seule ombre au tableau pour le secteur : le groupe reste attentif aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient et à leurs répercussions potentielles sur les coûts de l’énergie, de la logistique et des matières premières.