Infrastructures ferroviaires Travaux ferroviaire

Réseaux Croisés, une première édition qui rassemble

Par Michel Delage |

Le 3 février dernier, la Mutualité accueillait le gratin du ferroviaire pour la première édition de « Réseaux Croisés ». Un événement porté par SNCF Réseau en partenariat avec l’AIIRF qui a eu pour thème : L’économie et l’emploi dans le ferroviaire.

Réseaux Croisés, une première édition qui rassemble

Que ce soit le trafic voyageur (grande vitesse, régional, intercités…) ou celui du fret, l’appétence pour le ferroviaire ne se dément pas. Toutefois, pour répondre à une demande croissante, il convient de répondre aux besoins de modernisation et de développement du réseau. « Il n’y a pas de bons réseaux ferroviaires sans investissements, mais il n’y a pas non plus de bons réseaux ferroviaires sans acteurs pour réaliser ces investissements », souligne Matthieu Chabanel, président-directeur général de SNCF Réseau, en introduction de la conférence « Réseaux Croisés ».

Un maillage qui ancre la filière dans les territoires

Comptant 28 000 km de voies, le réseau ferroviaire maille fortement le territoire national et contribue, de par l’activité des entreprises de la filière, au dynamisme de celui-ci.

Ainsi pour 2026, les activités programmées représentent plus de 1 700 chantiers majeurs pour un volume d’achat dépassant les 6 milliards d’euros (7 Md€ en ajoutant SNCF Gares & Connexions). Effectués auprès des partenaires historiques que sont les grands groupes, ces derniers sont réalisés pour 50 % auprès des PME et TPE. À noter que cette puissance d’investissement se traduit par une contribution de 19,5 Md€ au PIB français et soutient plus de 270 000 emplois induits à travers le pays.

Pourtant, il apparait que les actions liées à l’économie et à l’emploi qui découlent de ces activités sont peu reconnues. Une situation paradoxale alors que SNCF Réseau est, après EDF (environ 25 Md€), le deuxième investisseur public en France. Une position qui confère au gestionnaire d’infrastructure une place centrale dans l’économie nationale et territoriale. « Nos fournisseurs de ballast, de rails, de traverses, de composants électroniques… sont répartis sur l’ensemble du territoire national. Je pense que c’est une force de notre industrie », rappelle Matthieu Chabanel.

Apporter de la visibilité

Portant sur « Les enjeux de l’activité économique de SNCF Réseau », la table ronde éponyme a abordé la politique achat de SNCF Réseau qui s’articule autour d’enjeux dits majeurs ou prioritaires. Le premier, porte sur une performance industrielle qui vise à améliorer la performance opérationnelle et économique de l’ensemble des projets de modernisation, de réparation et de développement.

Le second concerne l’innovation, volet sur lequel SNCF Réseau souhaite accélérer, notamment en renforçant la collaboration avec l’ensemble de ses partenaires et ce, dès la définition des cahiers des charges. « Cette approche permet de prendre en compte l’expertise et les propositions d’innovation de nos partenaires. « Nous travaillons à développer les dialogues techniques, les dialogues compétitifs et les ouvertures à variantes », indique Valérie Giraudon, directrice achats SNCF Réseau.

Des enjeux qui impliquent pour le gestionnaire d’infrastructure de renforcer la planification des travaux. « Aujourd’hui nous sommes en mesure de communiquer une planification jusqu’à 18 mois sur l’ensemble des grandes typologies de marchés », poursuit Valérie Giraudon. Une programmation qui est désormais partagée aux équipes achats et aux entreprises en région, via des webinaires trimestriels ou semestriels. Action qui devrait être développée, dans le cadre du projet « Résonnances » avec la mise en place des directions régionales et interrégionales, et une maîtrise d’ouvrage unique qui, via un pôle planification, a pour objectif d’améliorer cette planification jusqu’à 3 ans.

Une empreinte territoriale forte

Avec plus de 9 500 partenaires recensés, dont 98 % sont localisés en France et totalisant 58 % de PME et de TPE, SNCF Réseau bénéficie d’une empreinte territoriale des plus importantes. « Nous sommes très attachés à ce rôle d’animateur de la filière au bénéfice des territoires. De fait, nous poursuivons le développement de notre activité auprès des PME », assure Valérie Giraudon. Une volonté qui répond également à un enjeu sociétal avec l’insertion des personnes éloignées de l’emploi. Un volet dont les chiffres parlent d’eux-mêmes : + 13 % du volume d’heures d’insertion, ce qui représente un total de 800 000 heures pour 2025. « Ces heures d’insertion sont très importantes car elles ont permis à plus de 2 000 personnes de revenir sur le marché de l’emploi. »

Une économie pour l’environnement

L’engagement environnemental de SNCF Réseau se traduit également dans ses achats. Pour l’année 2025, ce sont 75 % du montant qui ont intégré jusqu’à 20 % de critères RSE. Des achats solidaires qui se montent ainsi à 12 M€, soit 2 M€ de plus par rapport à 2024. Une volonté affirmée de SNCF Réseau qui, consciente des enjeux, accompagne les entreprises dans le développement de tous les enjeux environnementaux et de décarbonation. L’action la plus emblématique étant la signature en janvier 2025 du contrat de 1 Md€ entre SNCF Réseau et Saarstahl Rail pour la fourniture de rails bas carbone. Pour cette première année, ce ne sont pas moins de 2 millions de tonnes de CO₂ qui ont été économisées. L’approche adoptée par SNCF Réseau positionne le groupe comme un leader européen, incitant d’autres gestionnaires d’infrastructure, comme Infrabel en Belgique ou les CFF en Suisse, à adopter des critères similaires pour réduire l’empreinte carbone de leurs propres chaînes de valeur.