Comptant parmi les 10 plus grands projets ferroviaires au monde, le chantier du tunnel Lyon-Turin poursuit sa marche en avant. Côté français, nous avons été invités sur le tronçon Saint-Julien-Montdenis/Saint-Martin-la-Porte (lot CO08) pour faire un point sur l’avancée des travaux. Alors que les opérations de creusement par méthode traditionnelle sur le front se poursuivent sur les deux tubes formant le tunnel, le tube « paire » a pris de l’avance sur le tube « impaire » avec les travaux inhérents à la réalisation du béton définitif de la contre-voûte et de la voûte. Scindés en une quinzaine d’ateliers, les travaux ont nécessité préalablement une importante logistique afin de dévoyer l’ensemble des équipements (gaines de ventilation, électricité, air comprimé, eau communément appelés servitudes) dans le tube voisin. Une étape qui réclame une coordination totale entre les différents pôles. « Il est important de bien phaser les étapes pour la circulation des véhicules, l’apport d’air frais au front via les gaines de ventilation et le déplacement des servitudes. Il faut avoir déjà tiré les nouvelles conduites dans le second tube avant de commencer les travaux dits de revêtement définitif. Nous ne pouvons pas nous permettre de couper les réseaux sur les fronts encore en cours d’excavation », explique Louis Perbet, ingénieur travaux.
Une incontournable préparation
Tube dégagé, les travaux débutent par une reprise à l’avancement des potentiels défauts présents à la surface de la voûte mais aussi en contre-voûte. Contrôlé par les équipes qualité interne du groupement et le maître d’œuvre à l’aide d’un outil spécifique (peigne) pour la rugosité du parement. « Nous avons des limites de rugosité à ne pas dépasser et à supprimer les éventuels angles saillants. Il faut que la surface du parement soit homogène pour ne pas poinçonner et fragiliser le complexe d’étanchéité », précise Louis Perbet. Le moindre défaut étant marqué à la bombe de peinture afin qu’aucune zone ne soit oubliée. Support d’étanchéité en voûte réceptionné, le radier provisoire qui a servi pendant les phases d’excavation est ensuite cassé à l’aide d’un BRH. Ainsi préparés, les travaux entrent dans une nouvelle phase portant sur la mise en œuvre de la contre-voûte définitive. Travaux qui comprennent les opérations d’étanchéité, de ferraillage et de coulage du béton. Afin de mener à bien ces opérations, les équipes peuvent compter sur une innovation unique au monde. Baptisée « le KERN », du nom de l’entreprise (voir encadré), ce portique permet d’industrialiser ces tâches et de réduire la pénibilité du travail à l’image des rouleaux d’étanchéité dont le poids avoisine les 150 kg.
