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Evénement : l’IA pour une mobilité durable ?

Par Michel Delage |

Le 5 novembre 2026, la nouvelle édition de la Biennale organisée par l’École des ponts Formation continue (filiale de l’École nationale des ponts et chaussées) réunira le monde ferroviaire et celui du transport urbain autour d'une question centrale : l'intelligence artificielle est-elle un levier de durabilité ou un simple outil de performance ?

Evénement : l’IA pour une mobilité durable ?

« L’idée, c’était de continuer à faire dialoguer deux mondes qui ne le faisaient pas traditionnellement », explique Marie-Christine Mocard Seur, chargée du domaine déplacement, mobilité et transport. Cette édition 2026 prolonge celle de 2024, consacrée notamment à la durabilité, en interrogeant la contribution réelle de l’IA à une mobilité plus responsable. « L’IA doit rester un moyen, un outil, voire un accélérateur de transformation », rappelle-t-elle.

Des données éclatées et sensibles

L’ouverture à la concurrence a multiplié les détenteurs de données, entraînant leur éparpillement. « Il faut qu’ils aient bien conscience de la valeur réelle des données dont ils disposent », poursuit Marie-Christine Mocard Seur, rappelant que c’est la qualité, non le volume, qui fait le prix d’une donnée. Formats hétérogènes, réticence au partage par crainte d’une captation par les grandes plateformes technologiques : les freins restent nombreux. Elle plaide pour une méthodologie stricte, partant du besoin avant de collecter, dans une logique de sobriété numérique. En effet, comme le rappelle Aurélien Mascré, responsable des systèmes ferroviaires et guidés à l’École des ponts Formation continue, « L’IA n’est pas forcément éco-friendly en raison des data centers qui consomment énormément d’énergie et de ressources. »

« Bus, train… Je suis persuadé que la gestion des mobilités a changé. C’est tout un écosystème. C’est de la com’, c’est de la technologie, c’est de l’innovation. Participer à la biennale est l’occasion d’échanger et de voir ce qui se fait en dehors de mon domaine avec une ouverture d’esprit et de se dire : Je pourrais appliquer telle ou telle solution à laquelle je n’ai pas pensé.

Il ne faut pas avoir peur de l’IA, cette technologie va nous faire gagner du temps dans de nombreux domaines. Un projet d’infrastructure comme l’implantation d’un projet d’infrastructures de mobilités nécessite du temps… Avec l’arrivée de l’IA ainsi que des élus et des usagers qui sont de plus en plus pressés, tout va plus vite et nous ne pouvons plus faire comme avant. Je m’inscris dans la dynamique « allons-y ensemble ».

Nous avons le droit d’essayer, de nous tromper… Actuellement nous développons une application, mais si cela se trouve, il y aura des bugs, etc., mais nous aurons essayé. Nous ne pouvons plus attendre, car les choses vont plus vite que nous. »  Pierre Cailleau-Dubard, DGA de l’agglomération du grand Annecy

Le secteur des transports relève souvent de la catégorie « haut risque » de l’IA Act européen, imposant audits de conformité, explicabilité et traçabilité, en plus du RGPD. « Une collectivité ne peut plus considérer un projet d’IA comme un simple projet informatique », insiste Marie-Christine Mocard Seur.

L’humain, toujours décisionnaire

Sur la transformation des métiers, les deux organisateurs se veulent rassurants. « Il ne s’agit pas de métiers supprimés, mais de métiers profondément transformés », affirme Marie-Christine, qui insiste sur l’accompagnement et la formation pour éviter l’effet « boîte noire ».  ajoute : « La capacité de jugement doit rester entre les mains de l’individu, encore plus quand on est sur une logique de sécurité. »

Qualité, accessibilité, gouvernance, sécurité, cas d’usages, impacts métiers… autant de points qui seront abordés lors de cette journée dédiée à l’IA et qui permettront de définir des grands axes en faveur d’une mobilité décarbonée durable.

Pour découvrir le programme et s’inscrire à cette journée :
Rencontres biennales des systèmes ferroviaires et urbains 2026