Colas Rail : Une décarbonation des engins adaptée et raisonnée

Par Michel Delage |

La décarbonation des engins de chantier est en marche. Le secteur ferroviaire ne fait pas exception. Électrique, hybride, biocarburant : quelles sont les solutions à adopter ? Pour répondre à cette question, focus sur la trajectoire adoptée par Colas Rail.

Colas Rail : Une décarbonation des engins adaptée et raisonnée

Dans le contexte écologique actuel, les industriels de la filière ferroviaire font des efforts pour décarboner leur entreprise et les chantiers sur lesquels ils interviennent. Pour Colas Rail, cela se traduit par une politique environnementale forte. Une véritable initiative de groupe qui a connu une accélération significative ces trois ou quatre dernières années.

L’objectif principal de Colas Rail : produire moins de pollution à l’horizon 2030, en utilisant comme indicateur la tonne équivalent CO₂ ( t CO₂ equi), par rapport à une année de référence, 2019 en l’occurrence, jugée comme étant une année standard de travail. Pour cela, la Direction de la Performance des Equipements (DPE) a établi des scopes englobant les émissions directes et indirectes, ainsi que la chaîne d’approvisionnement (supply chain) conformément aux directives émises au niveau du groupe Bouygues et de la maison mère.

Toutefois, le ferroviaire étant un secteur spécifique, les sources d’émission de CO₂ ne sont pas pléthore, comme l’indique Mathieu Augagneur, chef du service Expertise DPE : « Après analyses, il est apparu que nos sources d’émissions de CO₂ sont principalement dues à nos engins de travaux et locomotives » Une catégorie qui représente près de 45 % de la consommation en carburant, juste devant les engins rail-route (60 unités) et la flotte Véhicules Utilitaires Légers (600 VUL).

Le HVO, un choix gagnant

Afin de tenir les objectifs fixés, la DPE de Colas Rail a mis en place des mesures concrètes et applicables comme l’adoption des biocarburants HVO pour ses engins de travaux et pour le parc de voitures/fougons. « Nous avons privilégié le HVO au B100 car ce dernier est un carburant plus contraignant dans le sens où il nécessite des cuves et une ligne de motorisation dédiées. »

En revanche, le HVO a l’avantage d’être miscible avec le gasoil ou le GNR, ce qui évite de remplacer les moteurs, d’installer des kits, etc. « Nous avons décidé d’effectuer une procédure de maintenance qui consiste à démonter et nettoyer le réservoir, à rincer le circuit et à changer les filtres. » En adoptant ce premier levier, la réduction des émissions de CO₂ est de plus de 80%. Toutefois, se pose la question de l’approvisionnement de ce carburant dans certaines régions de France, notamment en Île-de-France, où ce marché est en quelque sorte en tension.

Autre sujet, l’éloignement des chantiers par rapport à la situation géographique des cuves de stockage. « Si je prends l’exemple de nos chantiers en province et zone rurale, pour notre fournisseur d’énergie, la logistique liée à la livraison n’est pas toujours aisée. »