Un drone pour nettoyer la lentille de Saint-Lazare

Par Alexandre Foumangoye |

Emblématique du parvis de la gare Saint-Lazare, la lentille est un chef d’œuvre d’architecture. Pour nettoyer ce joyau de verre et de métal, la RATP a testé pour la première fois une solution de nettoyage par drone.

Un drone pour nettoyer la lentille de Saint-Lazare

Dôme de verre construit sur le parvis de la gare Saint-Lazare (cour de Rome) en 2003 lors de l’extension de la ligne 14 jusqu’à Saint-Lazare, la lentille marque l’accès aux lignes de métro 3,12, 13 et 14 tout en offrant une vision sur le ciel. A condition que cet ensemble constitué de 108 panneaux de verre ne soit pas encrassé par la pollution environnante.

Afin de rendre sa transparence à ce puit de lumière, la RATP a, pour la première fois, fait appel à un drone nettoyeur dans la nuit du 9 au 10 octobre. Une expérimentation opérée par la société CleanAlta en lieu et place des cordistes et camions nacelles habituellement à l’œuvre.

« Nous nous sommes aperçus que nous pouvions gagner du temps et économiser les ressources en divisant par 3 ou 4 la quantité d’eau nécessaire au nettoyage de la lentille » explique Gil Ruiemenschneider, responsable de la coordination des projets au sein du groupe RATP. Une démarche vertueuse qui s’accompagne d’un gain financier non négligeable, l’opération durant 2 à 3 heures contre 2 à 3 jours pour la technique de base. « Un drone est beaucoup plus mobile et sécurise les opérations de nettoyage en supprimant le montage d’un échafaudage » détaille Cyril Dufourmentel, pilote de drône pour CleanAlta.

Une opération en zone sensible

Réalisée de nuit et au cœur de Paris, cette opération a nécessité des autorisations spéciales, validées par la Direction générale de l’aviation civile (DGAC). Une formalité pour CleanAlta qui s’attache à ce que ses pilotes et le matériel soient certifiés. « Nous sommes très attentif à la sécurité et à l’encadrement. De fait le dossier que nous avons déposé auprès de la DGAC puis de la préfecture n’a posé aucun problème » poursuit Cyril Dufourmentel.

Dérivé de la technologie militaire mais adapté à un usage industriel, le drone utilisé dans le cas présent a été conçu pour intervenir en milieu urbain dense.  Equipé de 8 moteurs et de batteries hautes performance lui assurant jusqu’à 45 minutes d’autonomie, il est relié au sol par un tuyau haute pression et un câble de sécurité. « Il faut imaginer un gros nettoyeur haute pression volant capable de pulvériser l’eau jusqu’à 250 bars de pression, ce qui est énorme » explique Cyril Dufourmentel. Pour nettoyer les 400 m2 de la surface du dôme, CleanAlta a utilisé un produit biodégradable, respectueux des matériaux et de l’environnement. Le rinçage s’effectuant avec de l’eau osmosée chaude (550 l), la lentille a retrouvé son éclat d’origine.

Un essai transformé

Avec cette ce premier test grandeur nature, la RATP confirme son engagement à privilégier des solutions innovantes. Son engagement économique et écologique, au service de ses usagers et de la préservation de ses infrastructures. « Le drone est un outil amené à se rajouter à notre panoplie technique pour nettoyer nos différents ouvrages en surface comme le funiculaire de Montmartre dont les deux stations sont vitrées » conclut Gil Ruiemenschneider.