Monsieur Doutrebente, quel bilan tirez-vous de 2025 ?
Raphaël Doutrebente : Après une année 2023 difficile en raison des mouvements sociaux contre la réforme des retraites, 2025 a été une année positive que l’augmentation de la tonne/kilomètre transportée a marqué. Cette croissance se ressent aussi bien sur le transport fret conventionnel, avec une progression de 5 points, que sur la partie intermodale, dont la part de marché a progressé de 10 %. Il convient de souligner que le réseau a socialement tenu la tension, à l’exception de grèves perlées qui empoisonnent régulièrement certains nœuds ferroviaires.
Loi de programmation, prix de l’énergie, pérennisation des aides… Quel est votre point de vue sur la conférence Ambition France Transport ?
En tant que représentant de toute la profession dans le groupe de travail (qui comprenait mes homologues du routier et du fluvial et qui poursuit sa mission), mon point de vue est clair : dans la perspective d’une loi de programmation, nous avons obtenu, ce qui pour nous était le plus important : une loi-cadre. Celle-ci va donner un vrai cap en matière d’investissements dans les infrastructures au sens large du terme. Ce projet de loi-cadre a été présenté le 11 février dernier en Conseil des ministres. D’ailleurs, je remercie Philippe Tabarot, ministre des Transports, qui est un allié du ferroviaire.
Cette loi-cadre soulève la question des financements…
Absolument. Comme je l’ai expliqué en région à certaines personnalités politiques, l’État n’a plus d’argent. Ce qui n’est pas tout à fait exact puisqu’en matière de fret ferroviaire, dans la conférence Ambition France Transport, l’État s’est engagé (à partir de 2028) à rajouter 1,5 milliard d’euros sur le réseau. Toutefois, depuis le début de toutes les discussions, il y a plusieurs années maintenant, le sujet est d’obtenir un cofinancement avec les régions…
