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SNCF Réseau Bretagne – Pays de la Loire face aux enjeux ferroviaires de 2026

Par Michel Delage |

Modernisation du réseau, résilience climatique, emploi… Pour répondre aux enjeux ferroviaires de 2026, Frédéric ETEVE, directeur régional SNCF Réseau Bretagne – Pays de la Loire, a présenté les principales actions qui seront menées au cours de l’année. Objectif : rester la première région ferroviaire en termes de ponctualité.

SNCF Réseau Bretagne – Pays de la Loire face aux enjeux ferroviaires de 2026

Dans un contexte favorable au transport ferroviaire (dû aux annonces de la conférence « Ambitions France Transports »), Frédéric ETEVE, directeur régional SNCF Réseau Bretagne – Pays de la Loire (BPL), a présenté le 5 mars dernier une feuille de route qui répond aux enjeux majeurs que sont la modernisation et la régénération du réseau ferroviaire breton, la résilience aux aléas climatiques de ce dernier et l’emploi.

Des défis stratégiques pour lesquels SNCF Réseau investira avec le soutien de l’État, des régions Bretagne-Pays de la Loire, des métropoles et des autres collectivités territoriales d’une enveloppe de 265 M€ et d’un complément de 115 M€ dédiés à la maintenance du réseau ferroviaire. « En 2025, nous avons investi 180 M€ dans l’entretien et la modernisation de la voie. En 2026, cet investissement sera de 265 M€, soit une augmentation de 50 %. À partir de 2027 et en 2028, les investissements seront au-delà des 400 M€ », confirme Frédéric ETEVE.

Un travail sur le long terme gagnant

Des investissements massifs qui traduisent les décisions prises par le gestionnaire d’infrastructure au niveau national, qui vise à stabiliser l’âge moyen des infrastructures ferroviaires et à résorber une « dette grise » estimée à 60 Md€.

Toutefois, il est à noter que la Bretagne n’est pas la région ferroviaire la plus en difficulté, comme aime à le rappeler Frédéric ETEVE : « 95 % de nos trains arrivent à destination à l’heure, soit 19 trains sur 20, ce qui fait de la Bretagne la première région en termes de résultat. » Un succès attribué par ce dernier à l’engagement des équipes de SNCF Réseau ainsi qu’à un soutien politique et financier gagnant entamé il y a 25 ans. « Ce résultat est le fruit d’un engagement territorial fort. Notre objectif est de le maintenir et de rester la première région en termes de qualité de service. »

« 95 % de nos trains arrivent à destination à l’heure, soit 19 trains sur 20, ce qui fait de la Bretagne la première région en termes de résultat. » Frédéric ETEVE

Pour tenir cet objectif, des travaux sur l’ensemble des composants sont engagés, à l’image de l’axe entre Rennes et Saint-Malo, où des travaux de renouvellement de la voie à hauteur de 28 M€ sont en cours, ou du renouvellement de la caténaire à la sortie du Mans, un point névralgique pour la desserte bretonne.

Emploi : 150 postes à pourvoir
Dans le cadre de la stratégie de développement des compétences et de l'attractivité des métiers ferroviaires, SNCF Réseau déploie des initiatives majeures pour répondre aux besoins croissants de recrutement. Au total, 150 postes sont à pourvoir en 2026 sur les deux régions.
Plus d’informations sur le recrutement : SNCF Réseau recrute

Des actions pour l’avenir de la mobilité

Si les résultats sont excellents, ils ne doivent pas cacher certains facteurs de fragilité du réseau. Le premier d’entre eux porte sur la signalisation qui montre des signes de défaillance. « La sécurité n’est pas engagée, mais nous devons nous focaliser sur l’infaillibilité de ces composants », assure Frédéric ETEVE.

Pour répondre à ce besoin, SNCF Réseau a mis en place un plan d’action sur l’axe Rennes-Redon, afin de digitaliser cette ligne avec en point de mire le passage à l’ERTMS à l’horizon 2040. Une volonté qui se matérialise au travers du projet de la LNOBPL (Ligne nouvelle Ouest Bretagne Pays de la Loire), qui s’inscrit dans la continuité de la LGV-BPL (Ligne à grande vitesse Bretagne – Pays de la Loire) et de la modernisation du réseau ferré existant sur les axes Rennes–Brest et Rennes–Quimper.

Si nous n’investissons pas aujourd’hui, notre réseau ne répondra pas aux attentes faute d’avoir été développé et modernisé. Frédéric ETEVE

Un travail sur le réseau ferroviaire existant qui devrait être suivi (après 2040) par la construction de lignes nouvelles à l’ouest et au sud de Rennes afin de rejoindre plus rapidement la pointe bretonne. Un projet d’ampleur qui constituera le réseau ferroviaire breton de demain avec une très haute qualité de service. « Si nous n’investissons pas aujourd’hui, notre réseau ne répondra pas aux attentes faute d’avoir été développé et modernisé. Un tel projet coûte cher, prend du temps mais il se fonde vraiment sur une concorde territoriale, une concorde politique. Quels aménagements voulons-nous pour la Bretagne d’un point de vue ferroviaire et globalement d’un point de vue des mobilités, notamment décarbonées ? »

Prévenir les risques liés au changement climatique

Face aux changements climatiques, la Bretagne ne fait pas exception, les récentes inondations en sont hélas un douloureux rappel. Outre les épisodes de précipitation et de tempête extrêmes, la région doit également faire face au risque de submersion, à l’image de la ligne qui traverse l’isthme de Penthièvre. Un cas emblématique car la voie est bordée de part et d’autre par la mer.

Afin d’anticiper une montée du niveau de la mer (estimée à 1 m), des travaux de renforcement du remblai sont d’ores et déjà programmés. « Face à la vulnérabilité de cette zone vis-à-vis de la submersion marine, nous apportons une réponse technique pour rendre ce réseau résilient. »

Enfin, soucieux du niveau de régularité des trains, Frédéric ETEVE a annoncé des mesures pour faire face aux risques de heurts avec la faune sauvage, qui est responsable de 10 % des retards. Outre la mise en place de clôtures aux points de traversées identifiés, la région va à son tour s’équiper de dispositifs d’effarouchement, testés en région Normandie et Centre-Pays de la Loire.