Les débats sur le coût des infrastructures ferroviaires s’intensifient en Europe. Pourtant, une analyse de RB Rail AS change la donne. Ce rapport démontre que le projet Rail Baltica génère une valeur économique directe dès sa construction.
Un retour fiscal immédiat de 20 %
L’étude de la coentreprise RB Rail AS apporte un éclairage nouveau sur l’impact budgétaire du chantier. En effet, la phase de travaux booste mécaniquement les finances de l’Estonie, de la Lettonie et de la Lituanie.
D’après des estimations prudentes, chaque euro investi rapporte entre 19 et 21 centimes aux caisses de l’État. Ce flux financier provient de plusieurs sources. Par exemple, la TVA sur les matériaux et les services génère des revenus massifs. De plus, l’impôt sur le revenu et les cotisations sociales des travailleurs complètent ce gain. Par conséquent, l’investissement initial est partiellement auto-financé par l’activité économique qu’il crée
« Les estimations de cette analyse sont importantes car elles démontrent que la mise en œuvre du projet ne se résume pas à des coûts « gigantesques » et à une charge budgétaire sans aucun retour ; dans le scénario optimiste, elle offre au contraire un rendement immédiat et une augmentation des recettes budgétaires.Une telle compréhension partagée est essentielle, tant pour les discussions sur le prochain cadre financier pluriannuel que sur la manière dont chaque pays utilise les instruments de financement à sa disposition […] En tenant compte des retours fiscaux, le financement du projet correspond à la charge de 15 % initialement estimée (face à la contribution de 85 % de l’UE), ou ne la dépasse que très légèrement » Matīss Paegle, président du conseil de surveillance de RB Rail AS.
Trois scénarios de financement pour alléger la charge des États
Le rapport détaille également comment la structure du financement peut transformer la viabilité du projet. L’objectif consiste à limiter l’effort des budgets nationaux grâce à des ressources externes.
- Le scénario conservateur : Il repose uniquement sur les fonds européens actuels. Dans ce cas, les États financeraient entre 21 % et 36 % des coûts totaux.
- Le scénario mixte : Ce modèle semble le plus probable. Il intègre des partenariats public-privé (PPP) et des revenus issus du marché carbone. Ainsi, la charge nette pourrait chuter à seulement 4 % pour la Lettonie.
- Le scénario optimiste : Si l’UE finance 85 % du projet, les recettes fiscales dépasseraient alors l’investissement des États. Par conséquent, les pays baltes réaliseraient un bénéfice net immédiat
Un levier de croissance avant la mise en service
Il est vrai que l’étude se concentre sur la phase de chantier. Toutefois, elle confirme les bénéfices à long terme du corridor. Rail Baltica reste un catalyseur essentiel pour la décarbonation et l’intégration régionale.
D’après Marko Kivila, président de RB Rail AS, les coûts nets sont les montants réels restants après déduction des aides et des taxes récupérées. Grâce à cette analyse, les trois pays disposent enfin de faits solides pour leurs futures négociations.
« Rail Baltica est un projet porté par trois pays, ce qui exige une perspective commune sur les mécanismes de financement. Cette analyse, bien que basée sur des hypothèses, apporte justement cela : une méthodologie unifiée et des résultats comparables qui confirment que le projet est fiscalement viable selon les trois scénarios. […] Les coûts nets correspondent au montant qu’un État doit réellement couvrir sur son propre budget après déduction des financements de l’UE et d’autres sources, ainsi que des taxes récupérées sur les investissements réalisés pendant la construction. Les trois pays disposent désormais d’un ensemble de faits communs et fondés pour la suite des discussions » Marko Kivila, président du directoire de RB Rail AS.
