Le chantier de la liaison ferroviaire Lyon-Turin franchit une étape historique en ce mois de mars 2026. En effet, le groupement d’entreprises UXT a pris possession du premier des deux tunneliers géants destinés au versant italien. Cette machine monumentale, conçue par le fabricant Herrenknecht, quittera prochainement l’Allemagne pour rejoindre le chantier de Chiomonte, dans la Vallée de Suse.
Un géant technologique taillé pour les Alpes
Cette machine affiche des dimensions hors normes afin de relever les défis géologiques du Mont-Cenis. Avec une longueur de 235 mètres, l’engin égale la surface de deux terrains de football. De plus, son bouclier extérieur protège simultanément le personnel et la structure pendant que la roue de coupe de 10 mètres de diamètre fragmente la roche.
« Alors que près de 50 km de galeries ont déjà été creusés, dont 20 km pour le seul tunnel, le
chantier du tunnel de base du Mont-Cenis va connaître une forte accélération dans les mois et
les années qui viennent avec sept nouveaux tunneliers qui vont creuser simultanément en
France et en Italie. Nous ne sommes pas seulement le plus grand chantier d’infrastructure
ferroviaire aujourd’hui en activité sur notre continent, avec déjà plus de 3 000 hommes et
femmes à l’ouvrage, nous sommes aussi les bâtisseurs d’un lien nouveau qui nous permettra de
vivre dans une Europe mieux connectée et plus durable. » Daniel Bursaux, président de TELT
Une puissance au service de la précision
Treize moteurs développent une puissance totale de 4 550 kW pour faire progresser ce colosse. Par conséquent, le tunnelier peut avancer de 10 mètres par jour en moyenne. Grâce à sa conception « bimode », l’appareil s’adapte également aux variations du terrain. Il creuse ainsi les roches dures en mode ouvert, mais traverse aussi les zones humides via un circuit hydraulique fermé. En outre, une chambre hyperbare permet des interventions humaines sous pression si la situation l’exige
« Aujourd’hui, les travaux du Lyon-Turin deviennent encore plus concrets et visibles : l’arrivée
de ce tunnelier marque une nouvelle étape du projet qui entre désormais dans une nouvelle
phase opérationnelle également du côté italien. Cette liaison sera une grande infrastructure
européenne, pensée pour renforcer la mobilité durable et rapprocher les territoires. Elle
représente aussi un défi technique d’une complexité exceptionnelle, rendu possible grâce au
soutien et à la coopération des gouvernements français et italiens ainsi que de l’Europe, qui
continuent de croire en la valeur stratégique de ce projet. » Maurizio Bufalini, directeur général de TELT
Une mobilisation internationale pour le Lyon-Turin
Le site de Chiomonte constitue désormais le cœur opérationnel du projet en Italie. D’ailleurs, les ingénieurs y préparent activement l’arrivée de la machine. Les équipes ont déjà achevé le nouvel échangeur autoroutier sur l’A32 pour faciliter le transport des composants. Par la suite, les techniciens réassembleront la roue de coupe sur la plateforme du chantier avant le grand départ prévu en 2027.
« La livraison de ce TBM représente une étape fondamentale pour le démarrage des activités
d’excavation sur le versant italien du tunnel de base. Pour le groupement UXT, c’est une grande
fierté de pouvoir contribuer à la réalisation d’une infrastructure stratégique pour l’Europe, en
mettant en œuvre des compétences d’ingénierie, des technologies avancées et une
collaboration internationale qui sera déterminante pour relever un défi constructif de cette
ampleur. » William Masi, Area Manager d’Itinera et Président d’UXT
Un bilan d’étape positif pour l’infrastructure
Au 28 février 2026, les statistiques témoignent de l’ampleur de la tâche accomplie. Plus de 3 300 personnes travaillent actuellement sur les 65 km de la section transfrontalière. À ce jour, les groupements ont déjà excavé plus de 47 km de galeries, ce qui représente environ 29 % du réseau total prévu. Enfin, ce premier tunnelier italien symbolise l’accélération d’un chantier qui transformera durablement les échanges ferroviaires européens.
Le saviez-vous ? L'appareil peut creuser sous une couverture de roche atteignant 2 000 mètres de profondeur. Par conséquent, sa conception intègre des technologies de pointe pour garantir la sécurité des compagnons et la progression de l'ouvrage.
La partie française du Lyon-Turin à l’écoute des territoires
