Encadré par un plan de d’investissements signé le 18 février 2022 entre l’État, 24 collectivités du Sud-Ouest et SNCF Réseau, l’engagement envers la Ligne Nouvelle du Sud-Ouest (LNSO) à donné lieu à la signature de plusieurs conventions de financement (dont la dernière date du 8 septembre 2025) à hauteur cumulée de 2,5 milliards d’euros
Des analyses comparatives pour faire les bons choix
Suite à la conférence Ambition France Transports, la Société du Grand Projet ferroviaire du Sud-Ouest (SGPSO), a émis des propositions, au près notamment du Conseil d’Orientation des Infrastructures (COI). Chargé du financement de la LNSO par les 24 collectivités locales, cet organisme a ainsi commandé des analyses financières comparatives afin d’accompagner la mise en œuvre des engagements financiers de l’État dans un contexte budgétaire contraint.
Conduits par le cabinet de conseils et d’audit Deloitte, (simulation d’un portage privé), et le cabinet de conseil spécialisé en ingénierie financière publique, FCL Gérer la Cité, (simulation d’un portage intégralement public), les analyses financières ont été réalisées sur la base d’hypothèses communes, notamment sur le périmètre du projet, le niveau de financement, les conditions de financement.
« Les travaux menés par Deloitte et par FCL Gérer la Cité apportent un éclairage rigoureux sur les conséquences financières des différents modes de portage financier. Ils permettent de poser les termes du débat sur des bases claires et partagées. Le choix du mode de financement de la part État relève d’une décision politique, qui engage la puissance publique sur le long terme et doit être appréciée à l’aune d’un contexte budgétaire contraint. Il convient de retenir, que l’annualisation de l’effort public, est une solution qui mérite d’être examinée par l’État. L’histoire des grandes infrastructures rappelle que leur financement s’inscrit souvent dans des temporalités très longues : l’investissement du métro parisien, par exemple, a été amorti sur près d’un siècle, jusqu’en 1977. Ces références invitent à mieux apprécier la soutenabilité de l’effort public dans la durée pour l’État comme pour les collectivités territoriales. » Alain Rousset, Président de la SGPSO.
Une base d’investissement de 9 640 Md€
Ces analyses ont été menées sur la base d’un montant net d’investissement de 9 640 Md€ en tenant compte du fait que les aménagements ferroviaires au sud de Bordeaux et au Nord de Toulouse sont déjà financés par l’État via l’Agence de Financement des Infrastructures de Transports de France (AFIT France) de manière classique et d’un financement européen à hauteur de 20 %. Elles permettent d’apprécier pour chaque scénario, les principaux équilibres financiers du projet, notamment en termes de :
- Coût global,
- Frais financiers,
- Valeur actuelle nette
- Niveau d’annuité.
Les résultats de ces études et la lecture croisée qu’il peut en être faite constituent un socle rationnel et objectif destiné à nourrir une décision publique, qui peut s’inscrire dans un calendrier de long terme en engageant durablement l’action de l’État et des collectivités. Ainsi
La SGPSO recommande un lissage du financement de l’État sur 40 années comme c’est le cas pour la part des collectivités territoriales. Le portage financier public de la part État par la SGPSO représenterait par ailleurs, en comparaison avec un portage privé de type PPP, une réduction de coût de 7 milliards d'euros, représentant un écart annuel de 247 millions d’euros.
Réactions
« Face aux contraintes budgétaires que connaît l’État, le partenariat public-privé représente un choix politique irresponsable puisqu’il entraînerait un surcoût de 7,3Mds€ et retarderait la mise en service de la LGV Toulouse-Bordeaux de deux à trois ans, au détriment des usagers. À l’inverse, le choix du financement public est, non seulement, le plus sérieux mais surtout le plus soutenable et économique pour les finances publiques, à condition de lisser la part de l’État sur 40 ans, comme nous l’avons fait pour les collectivités. Nous restons force de proposition pour accompagner l’État dans l’étalement de ses paiements. » Carole Delga, Présidente de la Région Occitanie.
« Mon objectif est de fonder nos décisions sur des éléments rationnels et incontestables, pour un projet au meilleur coût. » Christine Bost, Présidente de Bordeaux Métropole.
« Il existe des solutions pour que l’État allie sobriété budgétaire et fidélité aux engagements tenus. Les collectivités sont forces de proposition pour, avec pragmatisme, conserver le bon financement du projet et assurer sa livraison dans les temps. » Jean-Luc Moudenc, Président de Toulouse Métropole.
« La prise en compte des équilibres financiers de l’ensemble des parties est une condition essentielle de l’engagement des collectivités. » Sébastien Vincini, Président du Conseil départemental de la Haute-Garonne.
« Le projet repose sur une logique d’engagement partagé entre l’ensemble des partenaires publics. » Xavier Fortinon, Président du Département des Landes
