Le focus sécurité des ateliers de la réussite

Par Michel Delage |

L'événement de ce début d’année « les Ateliers de la réussite » a une nouvelle fois rassemblé l’ensemble des acteurs de la filière ferroviaire autour de la sécurité. Au programme, avancer ensemble autour d’une culture globale.

Le focus sécurité des ateliers de la réussite

Pour cette édition 2026 des ateliers de la réussite, organisée par l’équipe de Christophe Hugot, chef du pôle externalisation de la Direction générale Île-de-France de SNCF Réseau, la première demi-journée a été l’occasion de mettre en avant la démarche MASE (Manuel d’Amélioration Sécurité des Entreprises). « Nous avions évoqué cet outil en 2025 afin de déployer une culture de sécurité globale qui parle à tous, de la maîtrise d’ouvrage jusqu’à l’opérateur. », explique en introduction Julia Plu, directrice Sécurité SNCF Réseau Île-de-France.

Un référentiel pour une culture sécurité globale

Toutefois, en quoi consiste cette action ? Créé par et pour les entreprises, MASE est une association qui compte 7 000 entreprises adhérentes. Représentant en outre près de 50 000 salariés. Son objectif ? Aider les sociétés à améliorer la sécurité et la santé des collaborateurs. Mais aussi préserver l’environnement et développer une culture RSE en vue d’une certification. Reposant sur un référentiel structuré, MASE s’adresse à toutes les sociétés, quelle que soit leur taille ou leur secteur d’activité. « Au travers de ce référentiel, on parle de l’humain, on parle de nos collaborateurs, on parle de leur santé… », indique Sylvain Delaunay, ambassadeur Mase pour la région France Normandie Centre.

Une aide pour les PME

Cependant, quel est l’intérêt pour SNCF Réseau Île-de-France d’obtenir une certification de cet organisme ? Pour Olivier Dubrulle, directeur Pilotage et Performance des Projets et directeur Agence de Régénération industrielle SNCF Réseau Île-de-France, le premier d’entre eux est le partage d’expérience avec des secteurs industriels tels que le nucléaire, la pétrochimie, l’agroalimentaire. Le second est de placer la culture sécurité au niveau d’un secteur industriel et non au niveau des entreprises. Une démarche qui, in fine, rejoint l’ambition du programme « Nos vies, notre priorité ». Si la volonté affichée n’est pas d’imposer MASE, il semble que des angles morts subsistent avec certaines PME à qui est demandé un niveau d’exigence comparable à celui des grands groupes. « Notre exigence en termes de sécurité représente un besoin de structure assez important. Les outils mis à disposition par MASE permettent de progresser en matière de management de la sécurité. » indique Olivier Dubrulle.

Des résultats tangibles

Toutefois, la présentation de MASE a suscité des interrogations, notamment sur sa valeur ajoutée par rapport aux autres certifications. En réponse, Sylvain Delaunay a mis en avant deux points. Le premier porte sur le temps passé par l’audit. MASE consacre 50 % de son temps à rencontrer des agents sur le terrain pour vérifier l’application réelle des procédures. Le second se situe au niveau des adhérents, qui tous les 6 mois remontent leurs statistiques. Ceci afin d’établir un point précis de la situation métier par métier et par ancienneté de certification.

« Les entreprises engagées dans la démarche MASE enregistrent deux à trois fois moins d’accidents que la moyenne nationale recensée par la CARSAT. »

Des outils pour progresser ensemble

Toujours dans la continuité de la démarche « Nos vies, notre priorité ». Valérie Giraudon, directrice Achats SNCF Réseau, est revenue sur la mise en place (dans le périmètre de la DMD) en mai 2025 d’une nouvelle grille de notation sécurité dans les marchés de travaux en Île-de-France. Un document, systématiquement mentionné dans les règlements de consultation (REC) qui, via des items standardisés, permet d’évaluer la performance sécurité d’une entreprise. « Sur 80 offres, 15 ont été éliminées du fait de sécurité importante. Le but de cette grille n’est pas d’éliminer des offres, mais de montrer que les critères d’évaluation de celle-ci nous permettent de progresser ensemble. »

Si l’ensemble des acteurs a conscience qu’il faut avancer sur le sujet sécurité, Philippe Rocher, président du SETVF, est revenu sur l’observatoire Vison pro destiné aux adhérents du SETVF. Lancé voici 2 ans, cet outil leur permet de partager mensuellement leurs statistiques en accident du travail mais également en événement de sécurité. « L’objectif de cet observatoire n’est plus de se regarder en baissant les yeux, mais plutôt d’ouvrir les yeux et de partager nos expériences pour nous améliorer ensemble. » Ce dernier a également soulevé un point qui influe indirectement sur la sécurité : la concentration des périodes de chantiers. Sujet sur lequel a rebondi Michel Gioria, directeur général SERCE. Il précise qu’un lissage des activités va dans le sens de la sécurité. « Je pense que cet angle du lissage est ce qui peut nous faire progresser collectivement. »

Une « Vision Pro »

Plateforme créée il y a deux ans par le SETVF, Vision Pro permet aux 55 entreprises adhérentes de saisir chaque mois leurs statistiques liées aux accidents du travail et aux événements sécurité. « L’idée est de partager les données et de créer un élan de confiance entre nous. », indique Philippe Rocher. Outre la mise en exergue des statistiques liées aux taux de fréquence et de gravité, Viso Pro permet de rassurer les jeunes sur le niveau de sécurité des métiers du ferroviaire. Qu’il s’agisse du taux de fréquence ou du taux de gravité, la mise en place de cet outil indique que ces derniers sont 30 à 40 % plus sûrs que la moyenne nationale tous secteurs confondus. Même deux fois meilleurs que ceux du BTP en termes de taux de fréquence.