Le secteur ferroviaire européen tire la sonnette d’alarme. Si la prolongation du Mécanisme pour l’Interconnexion en Europe (MIE) jusqu’en 2034 a été saluée, dix associations ferroviaires rappellent qu’un financement suffisant est essentiel pour maintenir la compétitivité et la sécurité du réseau ferroviaire européen.
Un soutien bienvenu, mais des moyens en baisse
Le 16 juillet 2025, la Commission européenne a proposé de prolonger le MIE dans le cadre du Cadre financier pluriannuel (CFP) 2028-2034. Ce programme, soutenu par le commissaire aux Transports Apostolos Tzitzikostas, vise à renforcer le Réseau transeuropéen de transport (RTE-T), garant d’une mobilité fluide et durable.
Cependant, malgré un budget global de 45,7 milliards d’euros, l’enveloppe dédiée au transport civil chute à 30 milliards. Soit un milliard de moins que sur la période précédente. Les 15,7 milliards restants seront consacrés à la mobilité militaire.
Un enjeu stratégique pour la sécurité et la compétitivité européenne
Les infrastructures ferroviaires ne servent pas seulement à transporter voyageurs et marchandises. Elles constituent aussi un pilier de la défense européenne. En reliant efficacement les régions et les grandes villes, le rail soutient à la fois la cohésion économique et la logistique militaire.
Un réseau interopérable et résilient, conforme au règlement RTE-T, est donc crucial pour la souveraineté et la sécurité de l’Union européenne.
Des goulots d’étranglement à résoudre d’urgence
Malgré des avancées notables, plusieurs goulets d’étranglement persistent, notamment aux frontières et dans les nœuds urbains. Ces points de blocage freinent la fluidité du trafic et limitent le potentiel du rail comme alternative durable au transport routier.
Le futur MIE devra donc financer des projets à forte valeur stratégique, favorisant la continuité des lignes internationales, l’interopérabilité technique (notamment via l’ERTMS) et les infrastructures multimodales performantes.
Les acteurs du rail unis pour un financement à la hauteur
Les dix associations signataires (AERRL, ALLRAIL, CER, CT4EU, EIM, ERFA, UIP, UITP, UIRR et UNIFE) appellent les États membres et le Parlement européen à préserver le niveau d’ambition du programme MIE-Transport.
Elles insistent sur l’urgence de garantir un financement pérenne afin d’achever dans les temps le réseau RTE-T et d’assurer la transition vers une mobilité européenne à la fois durable, sûre et compétitive.
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