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Fuite des cerveaux : un baromètre de la Fédération Syntec inédit qui alerte l’industrie française

Par Adèle Blanche |
Fuite des cerveaux : un baromètre de la Fédération Syntec inédit qui alerte l’industrie française

La Fédération Syntec a dévoilé le 1er octobre un baromètre inédit sur la fuite des cerveaux en France, réalisé avec Ipsos BVA. Les résultats sont préoccupants. Malgré un investissement public massif dans la formation des ingénieurs et des managers, de plus en plus de jeunes diplômés choisissent de commencer leur carrière à l’étranger.

Une fuite de talents qui s’accélère

Chaque année, environ 15 000 jeunes diplômés quittent la France pour travailler à l’étranger. Ces départs représentent 10 % des ingénieurs et 15 % des diplômés en management. En dix ans, cette tendance a augmenté de 23 %, selon le baromètre Syntec-Ipsos BVA.

Cette fuite de talents met en péril le potentiel technologique, scientifique et économique du pays. Les profils les plus qualifiés sont les plus concernés : 19 % des diplômés de Polytechnique et 17,4 % de CentraleSupélec s’expatrient.
Un constat qui fait dire à Laurent Giovachini, président de la Fédération Syntec :

« La France investit massivement pour former ses ingénieurs et ses managers. Il est urgent d’agir pour fidéliser ces talents indispensables à la compétitivité, à la réindustrialisation et à la souveraineté de notre pays. »

Des atouts réels, mais encore insuffisants

La France conserve pourtant plusieurs atouts d’attractivité.
Près de 73 % des répondants disent avoir une bonne image de leur environnement professionnel, et 81 % des ingénieurs partagent ce sentiment.
Les points forts les plus cités sont la protection sociale (48 %), les congés payés (46 %), la sécurité de l’emploi et la qualité de vie (38 %).

Mais ces atouts sont contrebalancés par des freins persistants :

  • une fiscalité lourde (près de 50 %) ;
  • des rémunérations jugées insuffisantes (44 %) ;
  • un marché du travail rigide (32 %).

De plus, 70 % des sondés estiment que la France est en déclin, tandis que 74 % s’inquiètent de la situation économique et 81 % de la situation politique. Ce climat général alimente la tentation de l’expatriation.

Syntec appelle à une action urgente

Face à ce constat, la Fédération Syntec appelle à une réaction rapide et coordonnée.
L’objectif n’est pas seulement de retenir les talents, mais aussi de favoriser leur retour.
Parmi les leviers prioritaires :

  • réduire la pression fiscale et sociale pour se rapprocher de la moyenne européenne ;
  • améliorer les salaires dans les secteurs technologiques et industriels ;
  • valoriser le rôle des ingénieurs et managers dans le débat public.

Cette mobilisation collective est essentielle pour garantir la compétitivité industrielle et préserver la souveraineté technologique de la France.

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