Reliant les villes de Villeneuve-Saint-Georges, Limeil-Brévannes, Valenton et Créteil, le Câble C1 vise à désenclaver le territoire du Val-de-Marne. Première ligne de transport par câble d’Île-de-France, le C1 a été inauguré ce 13 décembre en présence notamment de Valérie Pécresse, présidente de la Région Île-de-France et d’Île-de-France Mobilités, de Grégoire de Lasteyrie, vice-président du Conseil régional d’Île-de-France.
Première ligne de câble en Île-de-France et plus long téléphérique urbain d’Europe, le C1 fait partie intégrante de la vision d’Île-de-France Mobilités (maître d’ouvrage) de proposer une mobilité écologique et interconnectée, adaptée aux territoires et aux géographies locales. Il répond ainsi au besoin de désenclaver le sud-est de ce département. Projet innovant et inédit né en 2013, le C1 est un mode de transport écologique. 100 % électrique et une empreinte au sol minimale, ce transport urbain câblé préserve au maximum le patrimoine environnemental du secteur. Il est aussi un projet économique comparé aux ouvrages d’art nécessaires pour une ligne de bus ou de tramway.
Ces territoires souffrent d’un manque de liaisons transversales. Les bus sont lents, saturés, et les reports de trafic sur les axes routiers aggravent la pollution. Le Câble 1 répond à un besoin précis : offrir une solution rapide, fiable et décarbonée pour relier ces villes entre elles et à la ligne 8 du métro – Manuel Pierre, directeur du pôle transport public par câble chez Egis
Créteil–Villeneuve-Saint-Georges en 18 minutes
Grâce à ce nouveau mode de transport, 20 000 habitants desservis directement par les 5 stations disposent d’un accès rapide et direct à la ligne 8 du métro, aux lignes de bus et aux bassins d’emploi du territoire. En Île-de-France, les trajets se comptant en temps et non en kilomètres, le C1 permet désormais aux 11 000 voyageurs attendus chaque jour de parcourir les 4,5 km de la ligne en 18 minutes contre 40 en bus entre les stations « Pointe du Lac », située à Créteil, et « Villa Nova », à Villeneuve-Saint-Georges.

Les raisons d’un choix audacieux
Face aux autres modes de transports, le choix du C1 prend tout son sens en raison de :
- La topologie du territoire. Sur son parcours, le C1 franchit une zone urbaine coupée par une ligne de TGV et de fret ferroviaire, la gare de triage de Valenton, la RN 406 et des axes urbains majeurs. Autant d’obstacles qui rendaient difficile la mise en place d’une ligne de bus à haut niveau de service (BHNS), pour laquelle il aurait fallu construire des ouvrages.
- Des coûts de constructions optimisés. Le C1 aura coûté ainsi 138 millions d’euros (CE, mai 2018 – dont 6 millions pour les cabines), contre 250 millions d’euros pour 1 kilomètre de prolongement de ligne de métro et entre 20 et 40 millions d’euros en moyenne pour une ligne de BHNS.
- Un temps de travaux réduit : si les premières réflexions sur ce projet datent de 2013, les premiers travaux ont débuté en septembre 2022. Un délai de 3 ans beaucoup plus court que celui de création d’un site propre et encore plus compte tenu de la complexité du territoire traversé et des ouvrages qui auraient été à réaliser.
- Un mode de transport respectueux de l’environnement : certifié conception de Haute Qualité Environnementale (HQE) – Infrastructures Durables, le transport par câble est une solution utilisant uniquement l’électricité, sans utiliser d’énergie carbonée. La consommation énergétique est estimée à 0,1 kWh par passager/km, soit 5 fois moins qu’un bus diesel et 10 fois moins qu’une voiture individuelle. Quant aux pylônes, leur emprise au sol est limitée en comparaison à d’autres infrastructures de transports.
- Une intégration parfaite : grâce à une emprise au sol limitée et des pylônes au design élancé, le câble s’intègre parfaitement au territoire, sans impacter les habitations, les zones d’activités et espaces verts. De plus, cette intégration facilite les correspondances, rapides et directes, entre le câble et les autres moyens de transport (bus, métro, vélo…).
Pensé pour tous les usagers
Pour desservir les 5 stations, le C1 a été dimensionné en intégrant 30 % de places supplémentaires par rapport aux besoins estimés au maximum. Dès la phase de conception, l’accès et l’accessibilité aux cabines ont été l’un des enjeux prioritaires et testés en amont avec des personnes à mobilité réduite :
- L’accès aux cabines s’effectue de plain-pied, sans besoin de prendre des escalators ou un ascenseur.
- Chaque cabine est accessible aux usagers à mobilité réduite avec 20 % de places prioritaires dans chaque cabine (2 places), 1 place dédiée à un usager en fauteuil roulant.
- Des assises modulables favorisent l’accès pour tout type de voyageur : en fauteuil roulant, avec une poussette et même un vélo !
- À l’arrivée en station, les cabines circuleront à une vitesse très réduite (9 cm/seconde, soit environ 0,3 km/h) et pourront être ralenties davantage à une vitesse de 4,5 cm/seconde et à 1 cm/seconde ou arrêtées pour répondre à toute situation.
Exploité par « Transdev Coteaux de la Marne », le câble C1 a été financé par l’État et l’Union européenne (21 %), la région Île-de-France (49 %) et le département du Val-de-Marne (30 %) et a été réalisé par le groupement d’entreprises de conception-réalisation Doppel France :
- Doppelmayr France : mandataire du groupement, conçoit et réalise pour le C1 le système de transport télécabine et la maintenance globale. Il assurera la maintenance lourde du C1 durant les premières années.
- Atelier Schall : architecte des stations, pylônes et aménagements paysagers.
- Egis : maître d’œuvre et fourniture de systèmes connexes au système de transport
- Spie Batignolles : construction des stations et génie civil des pylônes
- France Travaux : aménagement extérieur (parvis, plantation…)
